Le vocabulaire DOE, sans jargon
Vous n'êtes pas obligé d'être un acronyme du SI pour comprendre comment FeedSense travaille. Voici les six termes qui reviennent dans nos discussions, expliqués pour qu'un dirigeant non technique puisse arbitrer.
SOP
Standard Operating Procedure
Procédure opérationnelle standardisée. Document qui décrit pas à pas comment exécuter une tâche récurrente — par exemple « comment traiter une facture fournisseur en 12 étapes ».
Pratiqué depuis des décennies dans l'industrie (qualité, ISO 9001), la santé (gestes médicaux), l'aviation (checklists pilotes), les opérations militaires. Bref, ce n'est pas un concept né de la tech.
La plupart des SOPs existent déjà — dans la tête de l'opérateur expérimenté, dans des Word qui prennent la poussière, ou dans des Notion mal mis à jour. La phase D du framework DOE consiste précisément à extraire ces SOPs et les versionner.
Pour un client logistique, une SOP « validation commande grand compte » peut faire 15 étapes (vérif crédit, plafond, urgence, contrats cadres). Une fois codifiée, l'agent d'orchestration peut l'exécuter — ou flag les cas qui sortent du cadre.
Un audit DOE en phase D couvre entre 3 et 30 procédures selon la maille opérationnelle de votre métier. Au-delà de 30, le périmètre devient un programme à part entière et le forfait passe sur devis spécifique.
BPMN
Business Process Model and Notation
Standard ISO de modélisation graphique des processus métier. Des boîtes, des flèches, des losanges (gateways) pour représenter qui fait quoi dans quel ordre, avec quelles conditions.
Un BPMN est plus précis qu'une description textuelle (les branches sont explicites, les gateways forcent à clarifier les conditions) et plus accessible qu'un schéma technique (un dirigeant lit un BPMN en 5 minutes, pas un diagramme UML).
Signavio (référence ETI / Grand Groupe, racheté SAP), Camunda (open-source, orienté tech), Bizagi, Visio simplifié pour les petits processus.
Si vous avez déjà des BPMN à jour (Signavio chez beaucoup d'ETI), notre phase D consomme directement le format — on n'ajoute pas une couche de modélisation, on convertit en directives textuelles versionnées exploitables par un agent.
Directive
Document texte versionné
La forme texte versionnée d'une SOP, conçue pour être lisible à la fois par un humain ET par un agent. Pas du code, pas un schéma — un document texte structuré et tracé.
Versionné en git ou équivalent (chaque modification tracée, qui-quand-pourquoi), structuré en sections normées (input → étapes → output → cas d'erreur), interprétable par un agent autant que par un humain.
Le BPMN représente le flow, mais n'a pas la granularité textuelle nécessaire à l'exécution (« si le montant dépasse 10 k€ ET que le fournisseur est nouveau, alors valider par DAF »). Une directive complète le BPMN avec le détail opérationnel.
Orchestration
Couche de routage par agent
La couche qui lit les directives, comprend la requête entrante, et décide quels outils déclencher dans quel ordre. C'est le cerveau du système, et c'est là qu'on utilise un LLM.
Un chef de service qui lit le manuel, regarde le ticket, et délègue au bon technicien. Il ne fait pas le travail — il oriente.
Le routage demande de comprendre du langage naturel (intent client, contexte ambigu) et de raisonner sur des cas non répertoriés. C'est exactement ce qu'un LLM fait bien.
Execution
Couche de scripts natifs
La couche qui fait. Des scripts qui exécutent des opérations déterministes : calculs, parsings, appels API, transformations de données.
Un LLM coûte 1000× plus cher qu'un script natif et hallucine sur les calculs précis. La règle DOE : LLM pour décider, code natif pour faire. C'est le seul moyen d'avoir un système qui scale et qui ne ment pas sur les chiffres.
Si l'orchestrateur décide qu'il faut « calculer le retard de paiement par client sur Q1 », il ne demande pas au LLM de le faire — il appelle un script qui requête la base, calcule, formate. Plus rapide, plus juste, plus traçable.
Self-annealing
Système qui se durcit avec l'usage
Capacité d'un système à devenir plus fiable au fil du temps. Chaque erreur catchée devient une règle, chaque cas tordu enrichit la lib commune. Au bout de quelques mois, il est mieux calibré qu'au jour 1.
Analogie avec la métallurgie — le recuit (annealing) durcit l'acier en alternant chauffage et refroidissement contrôlés. Ici on alterne exécution réelle et apprentissage des erreurs.
L'agent log chaque exécution avec son issue (success/failure). Une procédure périodique analyse les patterns d'échec, propose des patches aux directives ou aux scripts, vous validez. Le moteur s'améliore tout seul, vous gardez la main sur les changements structurants.
À 6 mois, un système DOE bien installé a typiquement 30 à 50 patches auto-générés intégrés. Ce sont autant d'edge cases que vous n'avez pas eu à gérer manuellement.
Un terme manque ou une définition n'est pas claire ? Posez la question — on la rajoute.